« Au temps des pestilences, les chiens n’ayant pas subi d’ablation rectale pouvaient se déplacer dans les rues en tout impunité. »
Il marque une pause, jette un regard aux rangées de têtes blondes qui lui font face.
« Au temps des pestilences, les poubelles étaient de simples vasques, et ne contenaient aucun agent dissolvant.
Au temps des pestilences, la plupart des gens avaient encore dans la bouche plus de bactéries que de salive. »
Quelques fillettes font la grimace en se regardant. Les autres le fixent avec un air d’humilité impressionnée.
« Au temps des pestilences, ni contrôles aseptiques ni distributions de blouses n’avaient lieu à l’entrée des bureaux.
Et ce ne sont que quelques exemples ! »
Il marque une pause, puis reprends d’une vois douce et persuasive :
« Mes chers enfants, vous qui n’étiez pas nés lors de l’instauration de notre magnifique système de Propreté Partout, imagineriez- vous retourner dans ces sombres périodes de dégeulasserie ? L’imaginez- vous ? »
Sans s’en rendre compte, il a viré au vulgaire, et en plus il a hurlé. De fait quelques- uns ont eu peur. Il se mord les lèvres, hoche la tête.
« Mettez toujours vos chaussures hermétiques. Ne sortez pas sans vos masques à oxygène, et changez- en toutes les semaines. Utilisez seulement des savons homologués, car ce sont les seuls valables. En cas de doute sur l’hygiène de vos aliments, interrogez vos parents.
Si vous suivez mes conseils, il ne vous arrivera aucune crasse. »
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oué bon voilà, quoi.