Dans tes yeux, l'océan. Dans les miens, une noirceur peu commune. Pommée. Des éclairs de son en fond. Une douceur. Et pourtant, dans mes yeux, tout est perdu, encore une fois, la dernière.
Le bout de fée demeure au pied d'un autre monde, seule. Ses yeux ne perlent même plus. Ses ailes ne battent plus. C'est cette unité qu'elle a perdue, c'est ce coeur qui la complétait qui ne veut plus palpiter. C'est cette moitié qui s'en est allée. Aujourd'hui la fée n'est même pas triste. C'est le fil qui s'est dérobé sous ses pieds, et il n'a pas su la rattraper. Ce sont ces instants de bonheur qui resteront à jamais. Plus profond. Pas d'amertume, juste un cri de douleur qu'elle répète à l'infini, à l'intérieur. Parce qu'il est nécessaire que personne ne voie ce qu'elle veut cacher. C'est une fêlure plus profonde, c'est son coeur qui est entaillé de mille parts, mais elle est habituée. Ce n'est que de la mélancolie aujourd'hui. Un an et demi dans un mouchoir de poche dans lequel elle se mouche, dans lequel elle souffle jusqu'à l'user, jusqu'à le jeter enfin. Faire disparaître toute trace d'une unité passée, du moins à l'extérieur. Même si on ne pourra jamais leur enlever cette capacité à s'aimer. Même si ça semblera étrange quand elle le reverra, si elle le revoit. Même si elle imaginera encore la douceur de sa peau, la profondeur de son regard, et ses mots, les mots qu'il a prononcés dans le passé, même si aujourd'hui tout cela est bien fini, même si ces mots, il les a enterrés, elle a gardé au fond, bien au fond, chaque ligne, chaque lettre, gravées.
Ce n'est plus un jeu, mais je te tue de mes mots parce que tue t'aime, parce que jeu ne t'aime plus, mon amour.