Plus tard je serai laveuse de chaos. Je remplirai les blancs des dialogues de sourd, et je nettoierai doucement les mots sales des amoureux confus. Je rangerai en silence dans l’ordre chaotique les absences, les douleurs et les maladies chroniques. J’enverrai valser les danseurs trop lunatiques, je rincerai sans bruit tes ardeurs fanatiques. Je ne serai plus cette petite fille tranquille, je serai enragée, je deviens chaotique. Je fermerai à clé les asiles, et romprai le doux équilibre des hôpitaux psychiatriques. Sans doute on m’enfermera dans une cage pâlotte, que je ne sache plus qui je suis, qui je veux. Camisole attachée, donnez moi mes cachets, anesthésie, le Valium prolifère dans mon corps de vipère, lourde et lâche je transpire, il faudrait que je me tire, que j’invente un sens à toute cette monotonie mensongère, attachez moi sur mon lit, arrachez moi la langue, sauvez moi de ma vie. Mes neurones me trompent me renvoient une image, de femme corrompue, de petite fille trop sage. Les connexions lâchent, une dernière fois. Devant derrière moi seulement l’alliage d’un noir et d’un blanc trop purs, trop rangés (le trop est toujours mauvais), mon avenir me rattrape au galop tandis que les images se fondent sur petit, grand écran, mes pupilles grandes ouvertes sur cette réalité, mais fermez moi les yeux mon dieu. La folie se prosterne devant moi, et je l’embrasse, je l’avale, je la prends pour tout ce qu’elle est, pour tout ce qu’elle fait de moi, autant que je la hais, elle fait partie de moi, elle est mienne, elle est ma (aima) voix, mon cœur et mes névroses. Tandis qu’elle s’étendra, je m’éteindrai sans bruit, et finirai fanée, sur le parvis de ma vie.